Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron face au défi de la sécurité

Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron face au défi de la sécurité

L’assassinat d’un policier, poignardé vendredi au commissariat de Rambouillet (Yvelines), nous a cruellement rappelé: depuis 2015, la France n’a plus jamais vécu sous la menace du terrorisme islamique. Face à ces attentats, «nous n’abandonnerons rien», a promis Emmanuel Macron, qui a rendu visite hier à la famille de la victime. Mais le temps est passé pour l’unité nationale autour de la mort du terrorisme. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a immédiatement critiqué le «laxisme» du gouvernement. «Emmanuel Macron, c’est le chaos», a-t-elle lancé, dénonçant «la multiplication des attentats terroristes», «les émeutes» et «l’explosion des attaques contre les personnes».

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Parce que l’attaque se déroule dans un contexte déjà inflammable. Quelques heures plus tôt, les pompiers travaillant sur l’incendie d’une école de Lille ont été accueillis par un feu d’artifice au mortier. Tourcoing, la ville du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a été le théâtre de plusieurs nuits de violence. Et l’acquittement, dimanche dernier, de huit des 13 jeunes accusés d’avoir incendié des policiers à Viry-Châtillon en 2016 a provoqué la colère des syndicats de policiers. La police gronde. Les Français aussi.

Des enjeux “tout à fait prioritaires” pour 7 Français sur 10

Des enjeux "tout à fait prioritaires" pour 7 Français sur 10

Notre enquête Ifop le souligne: à Covid-19 France, leurs priorités sont les questions de santé et l’éducation de leurs enfants. Mais le terrorisme et la lutte contre la criminalité suivent de près. Ces questions sont considérées comme «très prioritaires» par 72% et 70% des Français respectivement, sur le chômage et l’insécurité. Les inquiétudes sécuritaires ont augmenté de 26 points depuis mai 2020, à la suite d’un été marqué par une kyrielle d’actualités, comme l’attaque mortelle d’un chauffeur de bus à Bayonne, et un automne rythmé par des attaques djihadistes, dont la décapitation du professeur. Paty.

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Un an avant l’élection présidentielle, «la sécurité s’annonce comme un problème majeur», prévient Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. En effet, 86% des Français assurent que ce sujet jouera un rôle “important” dans leur choix en 2022. Sur cette base, les partisans de la droite et de l’extrême droite sont “en fusion”, estime Frédéric Dabi, à 98%. et 99% respectivement des électeurs LR et RN en font un élément déterminant de leur vote. Mais les préoccupations sécuritaires ne sont plus l’apanage de la droite: elle pèsera aussi lourdement dans les votes des partisans de La République en marche (86%), des socialistes (80%) et même des Insoumis (70%).

Emmanuel Macron en est conscient. Au moment de la campagne présidentielle, «nous pouvons être en faiblesse s’il y a multiplication des divers faits», explique l’un de ses plus proches collaborateurs, assurant: «Mais nous n’avons pas peur du sujet de la sécurité». Un autre confirme, “Macron n’aura jamais l’image d’un Sarkozy, mais il fait le travail”. Depuis 2017, le gouvernement a créé 1000 postes dans le système judiciaire pour lutter contre la petite criminalité et a promis 10000 postes de police supplémentaires d’ici la fin du mandat de cinq ans. La majorité a également voté en faveur d’un projet de loi «anti-casseurs» sur la sécurité mondiale. Le projet de loi sur le séparatisme est actuellement en instance au parlement, et Eric Dupond-Moretti a entamé la réforme du système de justice pour mineurs et l’abolition, en particulier, de la remise automatique des peines.

Macron “n’est pas jugé crédible” sur la sécurité

Macron "n'est pas jugé crédible" sur la sécurité

Conscient de la faiblesse du précédent couple royal Castaner-Belloubet, Macron a renforcé son système en juillet en nommant Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti. Leur mission: occuper le terrain, répondre aux attaques de droite et d’extrême droite, chacun à sa manière. Le chef de l’Etat n’hésite pas à soulever le sujet lui-même, comme il l’a montré cette semaine dans une interview au Figaro, dans laquelle il promet «plus de bleu» aux Français et ferme la porte. Du débat sur la légalisation du cannabis, ouvert par une partie de la majorité.

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Or, la sécurité “est une question sur laquelle Emmanuel Macron n’est pas considéré comme crédible”, note Frédéric Dabi. Crime, communautarisme islamiste, immigration: ce sont les points faibles de la droite et de l’extrême droite. C’est aussi en se plaçant sur ce terrain royal que le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a officialisé sa candidature à la présidentielle en mars. “C’est l’un des angles morts les plus évidents du mandat de cinq ans”, a déclaré Eric Ciotti, “M. Sécurité “des républicains, citant un” bilan désastreux “. «Trouble de santé, désordre social, désordre sécuritaire, désordre migratoire: ce qui imprègne l’opinion publique est très dangereux pour Macron», a déclaré l’ancien ministre de l’Intérieur (LR) Brice Hortefeux. Il n’en reste pas moins que les Français ne trouvent pas la droite et l’extrême droite plus convaincantes dans ce domaine que la puissance disponible. La crédibilité, “c’est le point principal” de la prochaine présidentielle, reconnaît un poids lourd à droite. La bataille pour la sécurité ne fait que commencer.

Sources :

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