Des vaccins thérapeutiques sur mesure contre le cancer

Des vaccins thérapeutiques sur mesure contre le cancer

7 avril 2021

Aujourd’hui à

07:01

La société wallonne de biotechnologie OncoDNA et la société flamande myNEO s’associent pour créer des immunothérapies anticancéreuses personnalisées. Un projet important déjà bien avancé.

Traitements sur mesure pour les patients cancéreux en continu: ce qui était jusqu’à récemment de la science-fiction est en train de devenir une réalité. Cette nouvelle révolution pourra se concrétiser grâce aux progrès réalisés dans les domaines de l’immunothérapie, du séquençage du génome et de l’intelligence artificielle, auxquels il faut ajouter la désormais célèbre technologie de l’ARN messager.

Immuniser contre son propre cancer

Immuniser contre son propre cancer

De nombreux scientifiques ont suggéré: utilisée pour développer des vaccins contre les coronavirus en un temps record, la technique de l’ARN messager ouvrira la voie à d’autres thérapies prometteuses, telles que les vaccins thérapeutiques, qui pourraient apprendre au système immunitaire à lutter contre le cancer ou les maladies neurodégénératives.

Deux acteurs belges ont décidé d’explorer cette avenue. Spécialisée dans le profilage des tests et l’interprétation des données pour le traitement des cancers avancés, la société wallonne de biotechnologie OncoDNA s’est associée à une jeune entreprise gantoise, myNEO, une société d’intelligence artificielle qui travaille à l’identification de cibles en immuno-oncologie. Les deux sociétés ont l’intention de proposer des vaccins personnalisés aux patients cancéreux sans traitement, en utilisant notamment la fameuse technologie qui a ainsi réussi contre le coronavirus.

Les vaccins personnalisés doivent pouvoir aider à guérir le cancer en stimulant sélectivement le système immunitaire. L’idée est que ces vaccins entraînent le corps à reconnaître et à neutraliser les molécules produites par une tumeur (appelées novantigènes), rendant ainsi un individu immunisé contre son propre cancer. Grâce à la sécurité, à la rapidité et à la flexibilité de ses protocoles de produits, l’ARN messager semble être l’une des technologies les plus prometteuses pour de tels vaccins.

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Fondateur et directeur stratégique d’OncoDNA

Le séquençage sera réalisé par OncoDNA. «Nous ne savions pas comment faire cela avant, car ce sont de grosses bases de données», explique Jean-Pol Detiffe, fondateur et directeur d’OncoDNA. Mais l’année dernière, la biotechnologie de Gosselies a acquis IntegraGen, un leader français des services de séquençage d’ADN dont le PDG, Bernard Courtieu, a succédé à Jean-Pol Detiffe à la tête d’OncoDNA. “Nous avons maintenant la capacité de faire un séquençage complet des tumeurs. Auparavant, nous faisions des panels de 300 ou 400 gènes. Un génome complet est composé de 22 000 gènes, plus l’ARN total. Des millions de données!” note Jean-Pol Detiffe.

Sur la base des données de séquence du génome, myNEO prend en charge «l’examen d’une cellule cancéreuse en la comparant à la cellule saine d’un patient», souligne Cedric Bogaert, co-fondateur et PDG de la société gantoise. “Après avoir aligné ces lectures avec le génome humain de référence, les changements génétiques dans le génome de la tumeur sont détectés par des algorithmes.”

Il reste ensuite à développer la formule vaccinale optimale. Il s’agit donc au final d’un traitement autologue. «On prélève des cellules chez le patient, on rééduque son immunomodulation in vitro et on réinjecte un cocktail de cellules prêtes à combattre les cellules cancéreuses», résume Jean-Pol Detiffe.

De l’usage compassionnel

De l'usage compassionnel

fondateur et directeur stratégique d’OncoDNA

Une théorie simple? Pas du tout. Car en effet «des tests pilotes en cours chez des patients n’ayant répondu à aucun traitement montrent des résultats prometteurs», se réjouit Jean-Pol Detiffe, qui admet néanmoins que cela pourrait encore prendre des années avant que la technologie ne devienne réalité. C’est en effet à ce stade des patients qui ont les moyens de payer eux-mêmes le traitement: «C’est pourtant très cher, mais de l’ordre de moins de 100 000 euros. Il est loin d’être remboursé. Mais comme dans tout nouveau procédé, il y aura démocratisation plus tard », prédit l’ancien PDG d’OncoDNA.

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L’ARN messager n’est pas le Saint Graal

L'ARN messager n'est pas le Saint Graal

De plus, ajoute-t-il, le développement clinique peut aller très vite: «Nous pourrons prendre des raccourcis car nous nous adressons à des patients atteints de cancers de stade avancé qui n’ont plus de chance. Nous pourrons en faire un usage compatissant. Ceux-ci seront accélérés. essais cliniques.”

Le résumé

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