Les bonnes affaires des grands laboratoires sur les tests Covid-19

Les bonnes affaires des grands laboratoires sur les tests Covid-19

Depuis le début de la pandémie, les diagnostics ont rapporté plusieurs centaines de millions de francs de chiffre d’affaires pour les laboratoires et les hôpitaux. C’est un modèle de prix qui offre des marges confortables pour des laboratoires spécifiques. Une révision des prix votée en mars ne résoudra que partiellement le problème.

Les vents inattendus que la population consomme et collecte dans les laboratoires sont énormes. Pour les prélèvements, analyses et coûts périodiques, selon nos estimations, il s’élève à au moins 493 millions de francs entre juin 2020 et mars 2021. Ces frais sont à la charge des contribuables via la Confédération ou des personnes testées, selon les modalités de la redevance. À ce montant s’ajoutent diverses prestations conditionnelles, notamment des consultations médicales et d’autres frais variables.

Aujourd’hui, les tests rapides offrent une alternative légèrement moins chère, mais les tests PCR sont encore nécessaires dans certaines situations et restent les plus courants. C’est aussi un examen que les Suisses doivent payer pour voyager à l’étranger, généralement de leur poche.

Leur prix reste donc un enjeu économique important, notamment celui de l’analyse des échantillons, qui constituent la plus grande partie de cette quantité. 95 francs ont été récoltés selon le test PCR, puis 82 francs jusqu’en mars 2021.

Une tarification pas adaptée aux dernières technologies

En juin 2020, la Confédération a annoncé le prix qu’elle rembourserait pour permettre un dépistage complet du coronavirus. RTS a obtenu des documents par le biais de la loi sur la transparence qui montrent en détail comment ce tarif a été fixé.

La Commission fédérale d’analyse, de moyens et d’appareils, chargée de proposer des montants acceptables pour ce service, s’est basée sur le prix de la revue en vigueur depuis 2009, révisé en 2019, le prix de la gonorrhée et de la chlamydia.

En plus de dix ans, il n’a pas changé malgré les évolutions technologiques. Aujourd’hui, ils permettent une analyse de masse tout en réduisant les effectifs. La réduction de prix a été décidée en septembre sur les tests Covid-19, mais uniquement pour prendre en compte les économies d’échelle en matière de location et d’électricité.

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Ces deux documents nous ont été transmis par l’OFSP suite à une demande de transparence. La première analyse en détail les éléments de coût. Le second a été réalisé par le CHUV en 2019, dans le cadre d’une analyse des coûts des tests de dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia. [RTS]

Pourtant, le coût de la main-d’œuvre pèse beaucoup plus lourd sur la facture finale. Une telle position permet également un revenu confortable, en fonction de l’infrastructure du laboratoire. Sur les 82 francs pour l’analyse, la moitié (40,80 francs) a servi à financer des manipulations humaines. Ce montant est basé sur l’idée qu’il a fallu 25 minutes de travail manuel par test. Selon les experts, ce délai est justifié pour les petits bâtiments. Ce n’est pas le cas des grands acteurs du marché.

Menace sur le dépistage

Menace sur le dépistage

Les machines Roche, largement utilisées en Suisse pour tester le Covid-19, permettent de réaliser 380 analyses simultanément en huit heures, voire 1000 pour le plus grand modèle.

RTS a pu observer le fonctionnement de la structure équipée de ces équipements, le CHU de Genève. Une personne suffit pour faire fonctionner la machine. «En raison des horaires prolongés, jusqu’à minuit, nous avons deux personnes», explique Pascal Cherpillod, responsable du laboratoire de virologie aux HUG. Le résultat est un millier d’analyses quotidiennes. Pour 16 heures de travail effectif, la compensation reçue couvre 416 heures de travail.

Grâce à cet équipement, les hôpitaux du Léman ont également proposé, en 2020, de faire le travail à un prix bien inférieur à celui adopté, 54 francs. Ce montant a provoqué l’indignation de l’industrie, accompagné d’une menace très concrète: à ce prix, il n’y a pas de dépistage du Covid-19.

Jusqu’à 36 francs de marge sur la main d’oeuvre par test

Jusqu’à 36 francs de marge sur la main d'oeuvre par test

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a immédiatement estimé que le prix était trop bas. Cependant, RTS a contacté que le secteur de la santé reconnaît que les prix ne conviennent pas aux entreprises les mieux équipées. Elle estime que c’est 3,64 minutes, pas le temps de travail nécessaire pour tester sur une machine Roche.

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Pourquoi avoir accepté et maintenu une redevance qui permet jusqu’à 36 francs de marge par test (28 francs pour le travail et 8 francs pour les analyses non automatisées)? “En situation de pandémie, cette tarification était dangereuse, compte tenu des différents dispositifs techniques du laboratoire et de la situation d’approvisionnement. Il était nécessaire de prévoir une capacité de test suffisante grâce à des frais de service corrects”, explique Office.

En d’autres termes, pour que tout le monde puisse participer à la projection, la Confédération n’a pas utilisé les appareils les plus efficaces comme référence pour la tarification. Il a également tenu compte du fait que l’approvisionnement de l’entraînement de la machine Roche n’était pas sécurisé.

Cependant, Laurent Kaiser, chef du service des maladies infectieuses aux HUG, ne cède pas, les PCR sont “trop ​​chers à cause de la méthode que les autorités ont adoptée pour les réparer”. Selon nos estimations, cela permettrait de réaliser des dizaines de millions de bénéfices pour les plus grands laboratoires.

& gt; & gt; Insight par Laurent Kaiser, chef du service des maladies infectieuses aux HUG

Les investissements des labos

Les investissements des labos

Yves Gisiger, le directeur suisse de Medisupport francophone, admet que les tests sont “d’intérêt financier”, mais tient à souligner que son entreprise a dû investir dans du matériel et embaucher du personnel. Pour rappel, la rentabilité des machines est intégrée dans les tarifs OFSP. Il précise en outre que d’autres analyses en 2020 ont connu une “baisse extraordinaire” due à la fermeture de cabinets médicaux et au déclin de certains services.

Cet argument peut surprendre car le montant décidé par la Confédération n’est pas destiné à soutenir le secteur économique. En outre, il est difficile de vérifier les pertes introduites dans d’autres procédures.

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Selon Curafutura, l’association faîtière des assureurs maladie, les retours d’analyses en dehors de Covid-19 sont restés stables l’année dernière. Entre janvier et octobre, ils se sont élevés à 1,458 milliard, contre 1,464 à la même période un an plus tôt. Si l’on ajoute les entrées liées à la pandémie, il semble que l’exercice 2020 ait été assez rentable pour l’industrie. Yves Gisiger n’en est pas moins «gêné que nous réduisions toujours le prix aux laboratoires, mais que personne ne s’occupe de réactifs et d’appareils moins chers» à leurs dépens.

Révision des tarifs

Révision des tarifs

Le 15 mars, l’OFSP a adopté un nouveau système de rémunération, dont le prix varie en fonction du nombre d’examens, de 64 à 82 francs. Si moins de 100 000 tests sont effectués en Suisse et au Liechtenstein en une semaine, le prix maximum s’appliquera. S’il y en a plus de 200 000, le prix minimum prévaudra. Entre 100 000 et 200 000 tests, deux autres niveaux sont fixés.

Veuillez noter que les fournisseurs de tests ne seront pas tenus d’offrir cette réduction aux personnes qui souhaitent se faire tester sans recommandation médicale, par exemple avant de voyager.

Il est encore difficile de comprendre sur quelle base la nouvelle politique de prix a été décidée. En tout cas, il ne répond pas au défi de la diversité des équipements en fonction de la taille du laboratoire. D’une part, la réduction de 18 francs laisse une marge agréable pour les grands immeubles. D’un autre côté, si les petites entités travaillaient effectivement à la marge de rentabilité, elles ne seraient plus en mesure de mener l’analyse. Cela entraînera une réduction du nombre de vues et une éventuelle hausse des prix, au profit des plus grands acteurs du secteur.

Sources :

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