Arts et Sciences : comment se réinventer ensemble en période de pandémie ?

Arts et Sciences : comment se réinventer ensemble en période de pandémie ?

L’art et la science sont directement affectés par la pandémie que nous traversons. Du côté des arts, la fermeture des lieux culturels a suscité la colère des professionnels de la culture et les a forcés à se recréer. Gravement touchés par les restrictions sanitaires, les musées tentent d’utiliser la technologie numérique pour imaginer de nouvelles façons de rencontrer le public. Certains misent sur les visites virtuelles, tandis que d’autres planifient des événements en ligne ou se lancent dans le podcasting.

Du côté de la science, les scientifiques sont amenés par l’intermédiaire de personnalités expertes qui sont appelées à éclairer les décisions gouvernementales. Cependant, le discours du chercheur est contraint par des désaccords spécifiques à produire des faits scientifiques. Les entretiens avec les médias du recensement parmi les scientifiques ont éveillé la compréhension du public et même éveillé les soupçons.

Les professionnels de la culture et des sciences sont confrontés à un problème commun en cette période de crise sanitaire: comment repenser les relations avec la société? Pourquoi et comment (r) construire une relation directe avec la société civile? Le projet macSUP est un effort qui fait avancer cette réflexion.

Un projet de recherche-création

Un projet de recherche-création

Lancé en 2017 par le Musée d’Art Contemporain de Lyon, macSUP est un projet annuel de recherche et de création à l’université. Il réunit des artistes, des enseignants-chercheurs et des étudiants de multiples disciplines allant de la physique à la biologie, en passant par la philosophie et le management. Chaque participant fait la promotion de la science et des compétences propres à son domaine afin de contribuer à la création collective. Après six mois de travail, le fruit de cette création collective a été rendu au public. Les années précédentes, la restitution avait lieu directement au musée d’art contemporain de Lyon ou hors des murs.

Cette année, macSUP s’est déroulé en pleine pandémie d’octobre 2020 à mars 2021. Le contexte sanitaire invite les participants à aborder directement ou indirectement ce que la crise sanitaire a fait au travail des artistes et des chercheurs. Plusieurs voies émergent pour reconsidérer la relation entre l’art et la recherche d’une part, et la société d’autre part.

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Pousser l’idéal d’ouverture

Pousser l’idéal d’ouverture

La moitié des participants s’est penchée sur la complexité de la vie et du travail pendant l’accouchement. Ils ont construit le CREPIS (Centre de Recherche Poétique et d’Expérimentation pour des Intérieurs Durables) afin d’explorer les intérieurs sensibles, physiques et intellectuels de notre télétravail multifonctionnel et non durable. Les membres du CREPIS ont créé GRIGRI, un outil mathématique collaboratif pour apporter des solutions aux questions modélisées par nos intérieurs clos.

GRIGRI adopte une vision opposée de la science du bonheur avec des outils tels que la gestion émotionnelle et le développement personnel. Alors que certains voient cet appareil comme un moyen de mieux se connaître, s’en tenir au stoïcisme, qui ne le voit pas comme une instruction pour prendre soin d’eux-mêmes, a formé la base de ce qu’Eva Illouz a appelé «la happycracy». Au lieu de faire du bonheur la valeur ultime et de monétiser les conseils pour y parvenir, les membres du CREPIS promeuvent la poésie, la destruction et la pensée critique à travers GRIGRI qui fournit gratuitement de faux conseils. Le 27 mars, jour de la sortie de macSUP au public, les visiteurs peuvent manipuler GRIGRI et discuter de Discord (logiciel de messagerie instantanée gratuit) avec les membres de CREPIS.

Utiliser une démarche artistique permet de s’orienter vers les idéaux de la science ouverte. Trois liens dans le processus de recherche comptent. Premièrement, l’utilisation de l’outil Discord est gratuite pour les réunions d’affaires et les réponses. Mais il a également ouvert un protocole de recherche par la restitution au public dont le processus est partagé librement. Enfin, les résultats de la recherche sont désormais accessibles à tous grâce à la publication gratuite en ligne du GRIGRI (https://crepis.org/#solutions).

Si les idéaux d’une science ouverte complète sont encore loin d’être atteints malgré le contexte spécifique, le projet macSUP s’y rapproche.

Se réinventer par le jeu

La moitié des participants à macSUP ne regardaient pas la pièce et comment elle a contribué à soutenir le cadre des relations sociales. Avec le passage massif aux cours et conférences en ligne, le monde de l’éducation et de la recherche a été particulièrement secoué. Un engagement inattendu vis-à-vis de l’environnement national et des problèmes techniques a rendu difficile l’organisation de cours rigoureux ou de présentations universitaires. Dans ce contexte, les participants à macSUP développent des jeux de rôle à exécuter dans un environnement virtuel.

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Le but de ce jeu est d’enseigner au public la leçon dans une situation propice à la distraction. Quatre rôles ont été définis:

l’enseignant discute avec la classe d’un sujet choisi collectivement (ex.: machines, eau, pizza);

qui compliquent le sabotage de la leçon en donnant des restrictions à l’enseignant (par exemple, commencez chaque phrase par «comme l’a dit Nietzsche», expliquez sous forme de recette, mettez en œuvre la leçon);

les apprenants écoutent les leçons;

Le maître de jeu attribue un rôle à chaque joueur et s’assure que chaque joueur a assumé tous les rôles à la fin du match.

Lors de la restitution le 27 mars, le public peut accompagner le jeu à la manière de son concepteur.

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs utilisent des jeux, comme l’illustre la croissance des jeux sérieux dans la production de la science scientifique. Mais ici, le jeu se mobilise différemment pour rappeler le cadre dans lequel se déroule la livraison de la science. La première étape consiste à inverser la dynamique passive / active. Grâce à ce rôle encombrant, l’enseignant-chercheur a cessé (temporairement) de ne pas subir d’interférence qui affectait l’intervention en ligne et d’être une personne qui (de préférence) interférait avec l’intervention d’autrui.

C’est aussi l’occasion de bouleverser les règles. En intégrant les interférences dans les règles du jeu, les débordements font partie du cadre d’interaction et se normalisent.

Enfin, le jeu aide à développer l’empathie. Pour les élèves qui participent à la salle de sport, assumer le rôle de l’enseignant les aide à prendre conscience des difficultés qui existent dans l’apprentissage à distance. Pour les enseignants-chercheurs, assumer un rôle communautaire permet de comprendre les difficultés que pose un suivi attentif des cours à distance.

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Vers un lien plus direct et libre ?

macSUP est une expérience collective permettant de réexaminer la relation entre les experts culturels et scientifiques d’une part, et la société d’autre part. Les efforts forcés de médiation technologique en période de crise sanitaire offrent la possibilité de nouer des relations étroites avec la communauté. Avec la restitution, les scientifiques s’adressent directement au grand public sans la médiation des éditeurs scientifiques ainsi que des acteurs politiques. Quant aux artistes, ils ont rencontré la communauté dans des lieux virtuels, amis numériques du mouvement pour dominer physiquement les lieux culturels.

macSUP a également permis d’imaginer une relation plus libre avec le public grâce à deux barrières à distance à la science ouverte: des instructions pour publier des travaux originaux et exclusifs dans de meilleures revues académiques, et des obligations de confidentialité du fait des relations avec les industriels. GRIGRI et GIMNA sont ouverts afin de répandre gratuitement poésie, espièglerie, humour et empathie dans la communauté. Cependant, cette initiative n’a pas été mise en évidence par elle dans un contexte où la baisse historique de la fréquentation des musées a considérablement réduit ses propres revenus. Le macSUP est donc l’occasion pour les institutions culturelles de repenser leurs modèles économiques et de réfléchir à leur mission: comment faire en sorte que les citoyens aient accès aux créations artistiques tout en rémunérant tous les acteurs impliqués? C’est en résolvant cette équation que l’art et la science peuvent travailler pour l’intérêt public.

macSup est un projet qui réunit le Musée d’Art Contemporain de Lyon, l’Université Claude Bernard Lyon1, l’Université Jean Moulin Lyon3, l’INSA Lyon, l’École normale supérieure de Lyon, emlyon business school, l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon – Pratique artistique amateur . Les artistes Mathilde Chénin et Chloé Serre ont organisé l’édition 2020/2021, le programme macSUP bénéficiant du soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.

Une première restitution au public a lieu le 27 mars 2021. Une seconde restitution aura lieu en septembre 2021. En attendant, GRIGRI est toujours accessible sur le site CREPIS :.

Sources :

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