Tendance La basket se redécouvre une fibre made in France

Tendance La basket se redécouvre une fibre made in France

La défense des jeunes entrepreneurs aux préoccupations sociétales et environnementales fait fleurir les marques de sneakers «made in France», mais leur développement est encore compromis par la faiblesse de l’appareil industriel du pays.

La page “Marques de France” en présente déjà une vingtaine. Les baskets sont “l’une de nos catégories de produits les plus recherchées”, déclare sa co-fondatrice Élodie Lapierre.

Ces jeunes marques favorisent l’utilisation de matières recyclées, rejettent la rotation accélérée des collections, se targuent de créer des emplois et sont garantes d’une éthique fabriquée en France qui exclut effectivement le travail des enfants pour les grandes marques internationales.

Mais si l’intérêt des consommateurs semble être au rendez-vous, les volumes restent plus que modestes.

Le marché aux mains des productions asiatiques

Le marché aux mains des productions asiatiques

La branche de production nationale produit environ 300 000 paires de chaussures de sport par an. De quoi couvrir … 0,2% de la demande, tandis que les baskets représentent désormais la moitié du marché total de la chaussure.

Des joueurs montants, tels que Caval ou M. Moustache, a décidé de fabriquer à l’international “à défaut de trouver une solution en France qui leur permette de rester dans une fourchette de prix raisonnable”, note Dorval Ligonnière, responsable des études à la Fédération française de la chaussure.

Le marché du basket a toujours été dominé par les productions asiatiques.

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Les marques françaises tentent de relocaliser la fabrication

Les marques françaises tentent de relocaliser la fabrication

Avec près de 60 000 paires achetées en France, Le Coq sportif se qualifie de «premier fabricant de chaussures de sport en France». Et la marque suisse souhaite rapatrier toute sa production, comme elle l’a fait pour ses textiles.

Aujourd’hui, comme la plupart des marques, elle ne dispose pas de son propre atelier: la production est confiée aux quelques spécialistes encore debout, à Cholet (Maine-et-Loire) ou à Romans-sur-Isère (Drôme).

Le Coq sportif espère désormais «produire plus de 150 000 paires en France» d’ici fin 2022 et rapatrier à terme la partie de sa production réalisée au Portugal.

Au sein du tissu fragile des sous-traitants qui assure cette production, une entreprise industrielle émerge: La Manufacture, une des demi-douzaines d’usines françaises capables de produire plus de 200 000 paires par an.

Depuis trois ans, cette filiale du Groupe Eram est également responsable d’une partie de la production de sneakers du Coq sportif, 1083, Jules et Jenn ou Berthe aux Grands Pieds …

Coûts salariaux, environnement : le combat inégal face aux géants

La main-d’œuvre représente 40% du prix d’une chaussure. “Chez nous, le SMIC est de 1 800 euros par mois. Au Portugal c’est 800 euros! Je ne peux pas compenser cette différence par des gains de productivité”, soupire Jean-Olivier Michaux, directeur industriel du groupe, dont les produits quittent l’usine à un prix minimum de 100 euros.

En plus des coûts de production, il y a une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

«Il faut deux ans pour former une chaussure-clou. Le savoir-faire est beaucoup plus spécialisé que dans la maroquinerie avec des prix de vente bien inférieurs», note M. Michaux.

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Avec Nike vendant un milliard de baskets par an, la société romaine Insoft espère commercialiser 10 000 exemplaires de son modèle Ector cette année, fabriqués à partir de fibres synthétiques recyclées et recyclables. Il faudrait en vendre 15 000 à 20 000 par an pour maintenir sa production …

«L’affiliation« made in France »et le respect de l’environnement sont encore compliqués», admet Patrick Mainguené, fondateur de cette entreprise de douze salariés qui voit l’avenir dans la mode et l’économie circulaire, ainsi que les séries limitées produites hier avec Agnès B ., demain avec Kickers.

Le secteur mise sur le marché purement sportif pour survivre

L’avenir est plus clair dans le domaine du sport exclusif, où la France possède des marques internationalement reconnues.

Pionnière, la PME ardéchoise Chamatex, spécialisée dans les textiles techniques, avec ses 150 salariés et un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, va démarrer cet été son «usine du futur», capable de produire 500 000 paires à vitesse de croisière par an. «Des projets comme le nôtre, d’une telle ampleur, on ne le sait pas», note la directrice de l’usine Lucie André.

Ce pari de 10 millions d’euros a été rendu possible grâce à trois grandes marques régionales, Salomon, Babolat et Millet, qui ont investi dans la filiale et y achèteront sa production.

Non sans risques: fin 2019, le géant allemand Adidas a fermé son usine high-tech, ouverte deux ans plus tôt dans le pays d’origine faute de taille critique.

Sources :

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