Quantcast
Quelle place pour les «vieux entraîneurs» dans le football moderne?

Quelle place pour les «vieux entraîneurs» dans le football moderne?

Quelle place pour les «vieux entraîneurs» dans le football moderne?

Publié le dimanche 9 mai 2021 à 13 h 30

Modifié le dimanche 9 mai 2021 à 14 h 59

Entre autres conséquences, la pandémie de Covid-19 a conduit à un rajeunissement des contingents de l’équipe et à une augmentation du pourcentage de joueurs formés au club. Le fossé générationnel entre entraîneurs et joueurs s’est encore creusé, même si les récentes nominations de Julian Nagelsmann (33) au Bayern, Matthias Jaissle (33) à Salzbourg et Ryan Mason (29) à Tottenham (par intérim), constituent des contre-exemples spectaculaires. Les différences entre les générations sont également plus marquées que par le passé et cela devrait soulever des questions sur le rôle que chacun d’eux peut jouer.

Quelques coachs de la génération des baby-boomers (nés entre 1945 et 1964) restent à un niveau élevé. Les progrès de la médecine et un meilleur mode de vie leur ont permis de retarder l’usure et de prolonger leur carrière, mais ils sont rares. On peut citer Roy Hodgson, Marcelo Bielsa ou Carlo Ancelotti. Le football assiste désormais à un phénomène bien connu sur le lieu de travail: la retraite des cadres supérieurs. On peut se demander si un coach de plus de 60 ans peut encore réussir ou, plus intéressant, comment il peut encore bénéficier de son expérience en coaching de haut niveau.

Une chronique précédente: Ne parlez pas de la retraite à un athlète dans la trentaine

Un milieu particulier

Un milieu particulier

Nés entre 1965 et 1980, les entraîneurs de la Génération X (Conte, Guardiola, Zidane) sont au sommet de leur forme. Ils ont l’énergie, la résilience, l’autorité, la capacité d’innovation managériale et l’inventivité typiques de leur génération, mais surtout des années d’expérience dans différents contextes, en tant que joueurs, entraîneurs, coachs de la deuxième équipe. Ils connaissent le succès, principal ingrédient de la confiance en soi dans cet environnement sportif professionnel et incertain. Ils se sont entourés d’assistants et de préparateurs physiques fidèles en qui ils ont une confiance totale.

Cela pourrait vous interrésser :   Football : la SFL repousse d'une semaine l'exercice 2021/22

Ce personnel leur est essentiel, il les soutient et les protège. A leur tête, les “X” ont deux arguments décisifs pour réussir: la vigueur indispensable pour diriger une équipe, ainsi qu’une proximité avec la génération suivante, les “Y” ou “millennials”, qui est assez ouverte sur leur voie de leader et qui représente la moitié des contingents d’une équipe. Ces joueurs sont les plus influents dans les vestiaires et les entraîneurs ont intérêt à les avoir avec eux.

Une étude de l’Observatoire du football CIES corrobore ces vues: le profil type d’un entraîneur est celui d’un homme en fonction depuis moins d’un an (301 jours), ayant grandi dans le pays du club géré (dans plus de sept de dix cas), âgé de 50 ans. Ce dernier critère n’est pas surprenant. On parle d’un métier où l’énergie requise est très élevée dans un contexte très incertain, celui de la compétition, où les résultats conditionnent très fortement la «vie» d’un entraîneur à son poste.

Comme un grand-papa

Comme un grand-papa

Les contingents actuels, constitués des «zilléniaux» – fusion des générations Z et Y -, demandent à l’entraîneur-chef des qualités supplémentaires et plus de staff pour gérer les joueurs. Les 18 à 25 ans (Sancho, Foden, Sané, Mbappé, Haaland) sont très connectés aux réseaux sociaux, ultra connectés, et ils veulent savoir si on les aime grâce à un retour immédiat sur leurs performances. Tout va très vite, ils sont extrêmement volontaires et veulent sauter les étapes. Cette ambition, généralement bien accueillie dans le monde professionnel, peut être un inconvénient dans un contexte d’au moins deux générations de joueurs, portés par un coach d’une autre génération encore.

Cela pourrait vous interrésser :   Football: Borussia Dortmund remporte sa 5e Coupe...

La génération des baby-boomers peut avoir un rôle intéressant à jouer. Comme les grands-parents des jeunes enfants, ils ont la distance nécessaire pour conseiller l’un (les entraîneurs) et les autres (les joueurs). Ils pourraient proposer une cellule de soutien aux entraîneurs à différents niveaux: aux jeunes coachs qui débutent avec des juniors, aux coachs qui franchissent le pas vers une carrière professionnelle, à ceux qui traversent une période difficile. Ce serait une façon de profiter de leur expérience.

Le sport professionnel a énormément évolué et de nouvelles figures sont apparues: entraîneurs physiques, psychologues, analystes vidéo, etc. Pourquoi ne pas envisager d’utiliser les compétences des «anciens entraîneurs» et aussi utiliser leur sagesse, dans un rôle de de nombreuses professions. Recours possible et même souhaitable. Sous certaines conditions.

Tout d’abord, ces coachs à la retraite doivent avoir dépassé l’égocentrisme et la méfiance, deux caractéristiques qui continuent de faire partie du profil du coach de haut niveau, un métier de tous les dangers. Ensuite, il est essentiel que ces coachs travaillent avec leurs collègues en étant embauchés et payés par eux et non par le club. Enfin, les managers doivent voir dans cette supervision un signe de maturité et non un aveu de faiblesse de la part du coach qui décide de l’utiliser.

Sources :

TV en Direct

Regardez la télévison en Direct. Accédez au chaines TV

TF1 en Direct France 2 en Direct C8 en Direct M6 en Direct Arte en Direct
TV online TV online TV y directoTV y directo TV e diretoTV e direto TV e direttaTV e diretta live tvLive TV